Pour redonner de l’air à la musique

Alors que la scène française est à l’arrêt depuis la mi-mars, une campagne initiée par la Sacem vise à encourager la diffusion et l’écoute de la musique produite en France. Objectif : soutenir les artistes et les auteurs privés de revenus mais aussi donner de l’oxygène à une filière en voie d’asphyxie.

Scène Française

C'est la bérézina », assène l’ancien ministre de la Culture Jack Lang, qui pourtant en a vu d’autres. Le constat est sans appel.

La crise sanitaire qui frappe les industries culturelles et créatives conduit à l’asphyxie progressive d’un secteur essentiel à l’économie française comme l’ont démontré différentes études ces dernières années. La musique et le spectacle vivant sont d’abord impactés par l’annulation des concerts, des festivals, la fermeture des salles de spectacles tout en ne sachant pas de quoi demain sera fait.

Comment maintenir un modèle économique dont la vocation même est de rassembler des centaines, des milliers de personnes dans un même espace pour un moment de partage musical, s’il n’est plus possible d’accueillir ce public dans des conditions normales pour des raisons sanitaires ? Les premières victimes de cette crise sont les auteurs et les éditeurs, faute de concerts ou de salles pour se produire. L’an prochain, ils seront aussi privés de droits d’auteur, leurs oeuvres n’ayant pu être interprétées ou diffusées.

Initiative vertueuse

C’est de ce constat qu’est née l’idée de la campagne #ScèneFrançaise pour donner une visibilité à la création produite en France. Susciter une mobilisation générale, un mouvement de solidarité pour les artistes, les créateurs, les éditeurs, mais aussi, derrière eux, pour une kyrielle de métiers, souvent des artisans de la musique sans qui la machine ne saurait tourner : managers, producteurs, techniciens, mixeurs, ingénieurs du son, attachés de presse, graphistes, vidéastes, maquilleurs, photographes, tourneurs, programmateurs, directeurs de salle, mais aussi professeurs, formateurs, coachs et bien d’autres.

« Chaque maillon de la chaîne est important et se trouve aujourd’hui en danger », peut-on lire sur le site de #ScèneFrançaise.
Ce projet initié par la Sacem s’adresse aux radios, aux plateformes, aux organisateurs d’événements, aux festivals, à l’ensemble des professionnels de la musique et du spectacle et, plus largement, à chacun d’entre nous.

L’interdépendance de l’écosystème de la musique, ressentie avec encore plus d’acuité pendant cette crise, démontre que l’initiative est vertueuse. Faire vivre les artistes en les diffusant, en les écoutant, c’est redonner de l’oxygène à toute une filière.

La diversité culturelle menacée

Derrière les pionniers, Radio France, Skyrock, Radio FG, Nova, la mobilisation n’a cessé de grandir. Cent quarante-deux artistes et acteurs du monde culturel ont donné le la dans une tribune publiée le 23 mai par le Journal du Dimanche.

Parmi les signataires, Laurent Voulzy, Alain Chamfort, Clara Luciani, MC Solaar mais aussi Sibyle Veil, présidente de Radio France, et Jean-Noël Tronc, directeur général-gérant de la Sacem.
À l’heure où nous bouclons ce Magsacem, ce sont désormais mille deux cents signatures, qui sont apposées en bas du texte. Des festivals, les Francofolies de La Rochelle, le Printemps de Bourges… des plateformes numériques, Spotify, Deezer et Qobuz, sont des partenaires du projet.

Soutenus par la Sacem, de grands rendez-vous musicaux autour de la Fête de la musique lui ont fait écho : le concert de France Télévisions, les trois jours en musique de Radio France ou encore l’initiative numérique de Bandsintown, plateforme de recommandation de concerts et de livestreams. Des playlists labellisées #ScèneFrançaise fleurissent désormais un peu partout.

Valoriser, faire rayonner la scène française pour protéger les artistes, les auteurs, car, lorsque ces derniers sont fragilisés, c’est aussi notre diversité culturelle, qui se trouve menacée.

Scène Française

Publié le 22 juillet 2020