Hommage à Janine Enoch

Avril 2017

C’est avec émotion que la Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem) salue la mémoire de Janine Enoch.

Une histoire de famille. Celle de Janine Enoch, à la tête des éditions qui portent son nom, et dont l'acte de naissance remonte à plus de cent cinquante ans. Des éditions musicales prestigieuses qui comptent plus de 1700 titres à leur répertoire, œuvres symphoniques ou religieuses comme opérettes et chansons populaires. Une entreprise transmise de père en fils… et en fille.

C'est en 1853 que Carl Enoch crée sa société, à l'époque sise Boulevard des Italiens à Paris. Son fils Wilhelm en reprend le flambeau dans les années 1880 et définit une ligne artistique originale, qui pouvait même sembler contradictoire : à son catalogue, des compositeurs de musiques dites sérieuses, comme César Franck (Les Éolides), Emmanuel Chabrier (España) ou Georges Enesco (Rhapsodies roumaines), la toute première œuvre de Maurice Ravel (Le Menuet antique), mais aussi des compositions plus légères, comme les opérettes d'André Messager ou les chansons de Paul Delmet. Ce qui ne l'empêche pas, tout en entretenant des liens privilégiés avec les compositeurs, de publier méthodes pédagogiques et recueils théoriques et pratiques, dont certains font encore autorité aujourd'hui.

En 1910, son fils Daniel perpétue la tradition familiale avant de périr dans les camps nazis. Dès 1944, c'est Jacques Enoch qui reprendra les rênes de l'entreprise, en restant fidèle à la politique artistique, mélange d'œuvres symphoniques et de chansons poétiques. Ainsi, tout en présidant le Conseil d’administration de la Sacem, il éditera les célèbres Feuilles mortes de Prévert et Kosma, aussi bien que le Concerto pour marimba ou La Suite concertante de Darius Milhaud.

Un patrimoine précieusement conservé et enrichi par Janine Enoch, devenue PDG des éditions Enoch & Cie en 1990.  Sous sa tutelle, le Lamento pour orchestre ainsi qu'un Prélude et Marche française pour piano à quatre mains de Chabrier, furent créés plus d'un siècle après la mort du compositeur. Tout en rééditant un répertoire varié d'œuvres oubliées, comme celles de Cécile Chaminade (170 opus au catalogue), ou les chansons de Pauline Viardot.

Janine Enoch avait été administratrice de la Chambre Syndicale des Editeurs de Musique.

Telle est l'histoire des éditions Enoch : une épopée familiale unique, une belle saga musicale, un engagement sans faille pour promouvoir la création musicale et défendre les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs.

Publié le 26 avril 2017