La Sacem près de vous…

MagSacem n°102

À Lille comme dans les soixante-sept délégations locales, les salariés de la Sacem s’affairent quotidiennement au service du droit d’auteur. Sur le terrain, ce sont eux, les visages qui sont en lien direct avec les diffuseurs de musique, les artistes et les acteurs culturels. Reportage dans les coulisses de cette délégation.

© Julie Sebadelha

Vendredi, 9 heures. C’est une journée différente des autres jours de la semaine : tout le monde est au bureau. Vincent Bonvallet est le directeur territorial et délégué régional de Lille. Sa mission : représenter la Sacem régionalement et assurer la collecte des droits d’auteur. C’est entouré d’une équipe d’une dizaine de personnes qu’il y parvient.

Il y a deux catégories d’employés dans l’équipe : les chargés de relations clientèle en interne et les chargés de relations clientèle en externe. Ces derniers, au nombre de trois, se rendent sur le terrain du mardi au jeudi et parfois même les week-ends.
Le reste de l’équipe travaille dans les bureaux aux murs violets, en contact téléphonique avec les clients pour collecter au mieux les droits des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique. Et pour y parvenir, la société s’est tournée vers le digital.

Travail de terrain…

Isabelle, Frédéric et Audrey : ce sont eux, qui sont sur le terrain. Les trois mousquetaires sont chacun affectés à un secteur géographique plus ou moins délimité.

Mais que font-ils exactement ? « On va au contact de celles et ceux qui utilisent de la musique ou qui souhaiteraient le faire. Nous effectuons un travail de prospection, mais aussi de recouvrement et de régularisation de contrats », confie Isabelle. Il s’agit aussi d’un travail de pédagogie : expliquer ce qu’est la Sacem, son rôle et ses missions, son histoire et sa vocation. Il faut faire comprendre à ceux qui payent « que nous venons collecter des droits », pour faire vivre toutes les musiques et ceux qui les créent.
Leur quotidien a beaucoup évolué, ces dernières années, grâce à de nouveaux outils de travail : un smartphone et une tablette. « Avant, le travail de préparation était beaucoup plus important ; aujourd’hui, c’est plus rapide. » C’est grâce à l’application Smart sur tablette que les chargés de relations clientèle externes peuvent faire signer leur contrat en ligne. « On peut ajouter le RIB directement », explique Isabelle. Plus besoin de se balader avec l’ordinateur portable et les contrats papier.

… et de bureau

Dans les locaux de la délégation lilloise, ils sont six chargés de relations clientèle en interne.
Leur travail est complémentaire des « externes ». « On identifie des séances, on récupère les éléments de facturation, on opère la relation à distance avec certains clients notamment les utilisateurs ponctuels du répertoire pour assurer la collecte », résume Julie. Les clients de la Sacem sont très divers. « Il peut s’agir d’un commerce, d’un comité des fêtes ou d’un cabinet dentaire », ajoute Mathilde. Une partie des clients déclare spontanément. Pour les autres, il y a un gros travail de veille. Après avoir détecté la séance, il faut récupérer les éléments pour facturer. « Par exemple, pour un restaurant, on va facturer selon le nombre de places assises », détaille Julie.

Faciliter l’accès aux sociétaires et aux clients

Derrière ses lunettes, Vincent Bonvallet explique qu’aujourd’hui, « tout est plus rapide, direct et précis » pour collecter les droits. Et grâce à quoi ? La création du portail sacem.fr.
Il profite aux sociétaires mais aussi aux clients. L’interprète peut maintenant « déclarer en ligne les chansons qu’il a performées pendant un concert, informe Julie. On les encourage vivement. Ça permet de vérifier que l’on ne passe à côté de rien car légalement, c’est à l’organisateur de déclarer, mais il ne le fait pas forcément ». Car oui, le client peut lui aussi déclarer en ligne un événement ponctuel et s’acquitter d’un paiement occasionnel. Mais certains préfèrent encore avoir un contact direct.

Promouvoir la création artistique

La Sacem œuvre aussi à encourager la vitalité de la création musicale sur le territoire.

La Fabrique à chansons a, par exemple, permis à des auteurs et compositeurs de se rendre dans les écoles pour rencontrer de potentiels futurs créateurs en herbe. L’objectif de cette opération était d’initier les plus jeunes à l’écriture et à la composition musicale pour « les sensibiliser tout de suite, dès le plus jeune âge, à ce travail de création artistique », avance le directeur territorial, tout sourire. En 2017, une soixantaine d’élèves ont pu chanter leurs créations à l’Aéronef, une salle de concerts lilloise, entourés des auteurs-compositeurs qui avaient accompagné le projet, des enseignants et des familles des enfants.

Le musée en ligne de la Sacem est aussi un moyen de valoriser les auteurs, compositeurs, éditeurs et leurs œuvres. Accessible en ligne, il recense quelque quatre mille neuf cents documents issus des archives de la société privée à but non lucratif. « On y trouve la demande d’adhésion de Jean-Paul Sartre en qualité d’auteur », souligne Vincent Bonvallet.
Aujourd’hui, en régions, ces trésors voyagent en prenant la forme d’expositions physiques itinérantes. C’est le cas, par exemple, des « Femmes dans la création musicale ». Avec l’aide du Creac, Vincent Bonvallet a pensé à l’École supérieure de musique et danse des Hauts-de-France située dans les locaux du Conservatoire de Lille. Jocelyne Fonteix, administratrice de l’école, a accueilli l’exposition. Et c’est ainsi que des documents enfermés dans le fin fond d’une salle se retrouvent aujourd’hui à la lumière… aux yeux des jeunes apprenants du Conservatoire. « Notre mission principale est de collecter et répartir les droits d’auteur, mais c’est aussi de promouvoir et soutenir la création ! », conclut Vincent Bonvallet.

JULIE SEBADELHA


 

MagSacem n°102

 

Publié le 13 mars 2019